Le président chinois Xi Jinping entame ce lundi une visite d'État de deux jours en France dans un contexte de fortes tensions géopolitiques avec les Occidentaux sur le dossier ukrainien. Si les célébrations des 60 ans de l'établissement des relations diplomatiques entre Paris et Pékin seront de mise c'est bien la guerre en Ukraine qui dominera les entretiens.
Emmanuel Macron compte sur cette visite pour tenter de rapprocher les positions chinoises des exigences européennes d'un cessez-le-feu et d'un retrait des troupes russes . Pékin, grand partenaire commercial mais aussi allié stratégique de Moscou, refuse jusqu'ici de condamner l'invasion et proclame sa "neutralité" sur ce conflit .
Les Européens espèrent néanmoins que la Chine use de son influence pour convaincre le Kremlin de revenir à la table des négociations . Un pari d'autant plus crucial que la Chine apparaît comme un acteur incontournable du conflit, en raison notamment de son soutien logistique et technologique à l'industrie d'armement russe .
Mais au-delà de la guerre en Ukraine, c'est un véritable bras de fer qui s'annonce entre Xi Jinping et son homologue français sur de multiples sujets de friction : la Chine ne cachant pas ses ambitions de puissance mondiale et sa volonté de faire plier l'Occident. Ses visites en Serbie et Hongrie après l'étape française illustrent sa stratégie de diviser les Européens sur leur position vis-à-vis de Pékin .
Sur le plan commercial, Macron devrait insister pour obtenir des garanties sur l'accès réciproque aux marchés et la protection des entreprises européennes alors que la guerre économique fait rage avec les États-Unis . La question des droits humains au Xinjiang et au Tibet sera également évoquée, malgré les crispations assurées de la partie chinoise .
Pour tenter d'amadouer son hôte, le chef de l'État français déploiera les grands moyens, combinant fermeté sur les sujets qui fâchent et petits gestes d'ouverture . Une visite au col du Tourmalet dans les Pyrénées doit ainsi permettre des échanges plus informels et relancer un dialogue politique actuellement au point mort.
Si la grande inconnue demeure l'attitude réelle de Pékin la France espère au minimum réaffirmer sa volonté de bâtir un "partenariat d'égal à égal" sans avoir à choisir entre les deux géants que sont les États-Unis et la Chine . Un pari délicat face à la stratégie du "ni-ni" revendiquée par Xi Jinping.